À première vue, Mnémosyne et Craft peuvent sembler proches.
Les deux applications accordent une place importante à la qualité de l’expérience sur Mac. Elles permettent de conserver des informations, d’organiser un travail et de retrouver ce qui a été écrit.
La ressemblance s’arrête pourtant assez vite.
Craft est d’abord construit autour du document. Mnémosyne est construit autour du dossier et de sa mémoire.
Cette différence devient importante lorsqu’un consultant ne cherche plus seulement à retrouver une note ou un document, mais à comprendre plusieurs mois plus tard ce qui s’est passé dans un dossier client, quelles décisions ont été prises et pourquoi.
Craft organise d’abord des documents
Craft permet de créer des documents, de les relier, de les organiser dans des dossiers et des Collections, d’y associer des tâches ou encore de travailler dans des espaces partagés. Son positionnement reste celui d’un environnement de documents et de travail relativement généraliste.
Pour un consultant, cela peut parfaitement servir à créer une organisation par client.
Par exemple :
Client A
→ Projet 1
→ Notes de réunion
→ Compte rendu
→ Proposition
→ Documents de référence
On peut aller plus loin en utilisant des Collections, des liens entre documents ou des modèles.
Le problème n’est donc pas que Craft serait incapable d’organiser un dossier client.
Le problème apparaît lorsque l’on demande à cette organisation de conserver autre chose que les contenus eux-mêmes.
Mnémosyne part du dossier client
Dans Mnémosyne, le point de départ n’est pas une page vide.
Le système connaît déjà des éléments comme :
Client → Dossier → Mission → Documents → Notes → Décisions → Chronologie
Cette structure change la manière de travailler.
Une note n’est pas simplement une note rangée dans un dossier. Elle peut appartenir à une mission précise.
Une décision peut être reliée au problème qui l’a provoquée, au raisonnement qui l’a précédée et aux documents utilisés comme sources.
Un événement peut prendre place dans la chronologie du dossier.
La différence peut sembler limitée lorsque le dossier vient d’être créé.
Elle devient beaucoup plus visible six mois plus tard.
Retrouver une information n’est pas retrouver le contexte
Imaginons un consultant qui reprend une mission après huit mois.
Il se souvient qu’une solution avait été étudiée puis refusée, mais plus précisément pourquoi.
Dans une organisation documentaire, il commencera généralement par rechercher les éléments correspondants :
- note de réunion ;
- document comparatif ;
- compte rendu ;
- ancienne proposition ;
- éventuellement une tâche ou une note quotidienne.
Les informations existent.
Mais il reste encore à reconstruire leur relation.
Dans Mnémosyne, le principe est différent : les éléments importants peuvent déjà appartenir à la mémoire du dossier.
L’objectif n’est donc pas uniquement de retrouver le document qui contient l’information.
Il est de pouvoir retrouver le contexte dans lequel cette information avait pris de l’importance.
Une décision n’est pas simplement une ligne dans une note
C’est probablement l’une des différences les plus importantes entre les deux approches.
Dans Craft, il est possible d’écrire une décision dans un document, de créer un modèle dédié ou même de construire une Collection pour les suivre.
C’est une possibilité réelle.
Mais la structure dépend alors de l’organisation créée par l’utilisateur.
Dans Mnémosyne, une décision appartient directement au modèle de mémoire professionnelle.
Elle peut préserver :
- le contexte ;
- le problème à résoudre ;
- les options étudiées ;
- la décision retenue ;
- les raisons du choix ;
- les options écartées ;
- les risques ;
- les conséquences ;
- les sources associées.
L’objectif n’est pas d’ajouter davantage d’informations.
Il est d’éviter qu’une décision devienne, quelques mois plus tard, une phrase dont personne ne se souvient réellement du raisonnement.
C’est également la logique développée dans notre guide sur [l’historique des décisions d’un projet client].
Peut-on reconstruire cette organisation dans Craft ?
En partie, oui.
Et il serait artificiel de prétendre le contraire.
Craft dispose notamment de Collections, de documents liés, de dossiers, de modèles et de tâches. Il est donc possible de construire une organisation relativement sophistiquée.
On pourrait créer :
- une Collection Clients ;
- une Collection Projets ;
- un modèle de décision ;
- des documents de réunion ;
- des liens entre les différents éléments ;
- une structure identique pour chaque nouveau dossier.
Mais à partir de ce moment, une partie du système repose sur l’utilisateur.
Il faut décider de la structure, la reproduire, la maintenir et surtout continuer à l’utiliser de manière suffisamment rigoureuse pour qu’elle conserve sa valeur avec le temps.
C’est ici que Mnémosyne prend une direction différente.
La structure de mémoire n’est pas un workspace que l’utilisateur doit inventer. Elle appartient au produit.
Comparaison sur un dossier réel
| Besoin | Mnémosyne | Craft |
|---|---|---|
| Créer un dossier client | Structure native | Organisation à construire |
| Relier client, dossier et mission | Natif | Possible avec organisation et liens |
| Notes et documents | Intégrés au dossier | Très adapté aux documents |
| Conserver une décision | Objet structuré | Document, modèle ou Collection |
| Conserver le raisonnement | Structure dédiée | À organiser par l’utilisateur |
| Options acceptées/refusées | Structurées | À modéliser |
| Relier une décision à ses sources | Relation explicite | Liens possibles |
| Chronologie du dossier | Native | À construire à partir des contenus |
| Mémoire globale du dossier | Native | Dépend de l’organisation créée |
| Collaboration documentaire | Secondaire | Plus adaptée |
| Publication et partage de documents | Secondaire | Plus adaptée |
| Travail multi-plateforme | Mac pour Mnémosyne | Plus large chez Craft |
Le tableau ne signifie pas que l’un des outils est supérieur dans tous les cas.
Ils ne partent simplement pas du même problème.
Craft est plus logique lorsque le document est au centre
Si le besoin principal est de rédiger des documents soignés, de les partager, de travailler avec plusieurs personnes ou de disposer du même environnement sur plusieurs plateformes, Craft est plus cohérent.
Craft propose notamment des espaces partagés, de la coédition, des Collections et fonctionne sur plusieurs plateformes.
Ce n’est pas le terrain sur lequel Mnémosyne cherche à le remplacer.
Mnémosyne ne cherche pas à devenir un outil généraliste de rédaction ou de collaboration.
Son problème est plus étroit.
Mnémosyne devient plus pertinent lorsque le dossier doit survivre au temps
Un consultant travaille rarement sur un seul dossier.
Les clients s’accumulent.
Certaines missions durent plusieurs mois.
D’autres reviennent après une longue interruption.
Et une partie du travail consiste progressivement à se souvenir de choses qui paraissaient évidentes au moment où elles se sont produites.
Pourquoi cette option avait-elle été refusée ?
Quel document avait conduit à cette décision ?
Qu’avait accepté le client ?
Quel risque avait été identifié ?
Où en étions-nous réellement avant l’interruption de la mission ?
C’est précisément le problème que Mnémosyne cherche à résoudre.
Pas en demandant au consultant d’écrire davantage.
Mais en donnant une structure durable aux éléments qu’il décide de conserver.
L’IA ne constitue pas la différence principale
Craft dispose également d’un assistant capable notamment d’aider à rédiger, organiser ou résumer des contenus.
Ce n’est donc pas pertinent de présenter l’IA comme la différence entre les deux produits.
Pour Mnémosyne, la mémoire doit rester exploitable même sans Clara.
Le dossier, les décisions, les relations, les sources et la chronologie constituent d’abord une structure déterministe.
Clara peut ensuite aider à retrouver ou comprendre certains éléments.
Elle n’a pas pour rôle de fabriquer après coup une mémoire qui n’aurait jamais été conservée.
Cette distinction est essentielle.
Mnémosyne ou Craft ?
Le choix dépend finalement du problème que l’on souhaite résoudre.
Si votre travail est principalement organisé autour de documents, de rédaction, de partage et de collaboration, Craft est probablement plus naturel.
Si vous travaillez sur Mac avec plusieurs dossiers clients et que votre difficulté apparaît surtout lorsque vous devez revenir plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard sur une mission, Mnémosyne répond à un besoin différent.
La question n’est alors plus uniquement :
Où ai-je rangé cette information ?
Elle devient :
Pourquoi avions-nous pris cette décision et dans quel contexte ?
C’est là que commence la mémoire professionnelle.
Conclusion
Craft et Mnémosyne peuvent tous les deux contenir des notes, des documents et des informations liées à un projet.
Mais ils ne donnent pas le même rôle à ces informations.
Craft organise ce que vous écrivez.
Mnémosyne cherche à préserver ce qui permet de comprendre votre dossier lorsque le temps a passé.
Pour un consultant qui doit régulièrement reprendre d’anciens dossiers, retrouver des décisions et comprendre leur origine, cette différence finit par compter davantage que le nombre de fonctions disponibles.